Petite histoire: Le Marathon

J’ai réalisé aujourd’hui que certains de mes collègues qui s’entraînent avec ardeur pour des courses de longue distance ne sont pas familiers avec la légende du marathon. Mens sana in corpore sano, chers collègues athlétiques. Je vous invite à lire ceci en reprenant votre souffle après un 5km à patauger dans la sloshe d’Ottawa.

Notre histoire a lieu en 490 avant J-C, en Grèce. L’empereur perse, Darius sénior, a ordonné à ses gouverneurs de donner une leçon aux cités grecques, qui ont quelques années auparavant encouragé des révoltes dans plusieurs possessions perses en Turquie. La grande armée perse a réglé ce problème et s’apprête maintenant à envahir la Grèce elle-même.

Non, ils ne rencontreront pas 300 Spartiates qui les attendent dans une passe de montagne pour mourir bravement devant les caméras d’Hollywood. C’est une autre histoire, lors d’une autre guerre. On reviendra là-dessus à la fin, si vous voulez.

Alors les Grecs, en fait les Athéniens et les citoyens de la région de Platea, rassemblent leurs armées à Athènes. Ils apprennent que la flotte perse a débarqué une armée près de la ville de Marathon, pas très loin de là. Ils se mettent en marche pour y faire face.

Il y a beaucoup à raconter sur la marche, les événements avant la bataille, le combat lui-même, sa signification pour la civilisation occidentale, démocratie vs impérialisme, etc. Version courte: les Grecs rejettent la grosse armée perse à la mer, à l’issue de toute une journée de bataille.

La victoire assurée, les grecs constatent avec inquiétude que la flotte perse quitte non pas en direction du Nord d’où elle est venue, mais en direction d’Athènes! Si la flotte se présente devant le port d’Athènes (Piraeus), il se peut que la population capitule, croyant à une défaite à Marathon. Un scénario raisonnable, étant donné que les Grecs avaient bien peu de chances de l’emporter.

Il faut donc envoyer un messager à Athènes et qu’il y arrive avant les navires perses pour annoncer la bonne nouvelle. À pied, dans cette région montagneuse où on ne monte pas à cheval.

On choisit un messager, un certain Pheidippides, ou Phillippides, Thersipus ou Eucles, dépendant des sources. Il a passé sa journée à combattre d’un bout à l’autre de la plaine de Marathon, en armure de bronze. Il va maintenant se taper les 42 kilomètres de Marathon à Athènes. Le plus vite possible évidemment.

L’histoire ne donne pas le chronomètrage de ce premier marathon, seulement que le messager est arrivé avant la flotte. Dans la grande place (agora) d’Athènes, il s’exclâme: « nenikekamen », nous avons gagné! Il s’effondre et meurt là, entouré de ses compatriotes.

Quand les navires perses se pointent, les Athéniens les envoient se faire cuire un oeuf. Ils savent que leur armée victorieuse est sur le chemin du retour, quelques heures derrière leur valeureux coureur.

L’épreuve de course de 42 km ne date pas de l’antiquité, incidemment. Ce n’est qu’avec la resurrection des Jeux olympiques dans leur forme « moderne » en 1896 que cette monstrueuse épreuve d’endurance a été mise sur pied par Pierre de Coubertin et sa gang. Ces gens-là avaient le sens de l’histoire, ils ont choisi de recréer la course du messager qui a évité qu’une grande victoire se termine en tragédie, donnant sa vie pour les siens.

Juste pour revenir rapidement sur l’absence des Spartiates… Ces gens d’un naturel prudent ont préféré terminer le festival religieux auquel ils s’adonnaient avant de se mettre en route pour affronter les Perses. Ils sont évidemment arrivés en retard pour la bataille, manquant une bonne occasion de renforcer leur réputation de grands guerriers et se couvrant de honte. Lorsque l’armée perse est revenue dix ans plus tard, les Spartiates n’ont pas manqué d’être aux premières loges, acceuillant les envahisseurs à la passe de montage des Thermopyles avec un cri devenu célèbre, “Molon labé”. Leur sacrifice rétablira la réputation martiale de Sparte.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s