Ça fait des lustrums…

"Ça fait des lustres qu’on est pas allés chercher le courrier", dit ma charmante conjointe. Mais non, pas tant que ça. Les lustres dont il est question ici réfère à lustrum, un cycle de cinq ans sous la république romaine correspondant au mandat d’un senseur. C’est aussi le titre du 2e livre de la trilogie de Robert Harris mettant en scène Cicéron, justement pendant qu’il était senseur.

Fraternisation lors du siège de Veii

Titus Livius (Histoire romaine, 5.15), dans le passage sur la prophécie du Lac d’Alba, indique que les soldats romains et étrusques étaient en position de fraterniser lors du siège de Veii, comme des soldats plus modernes dans les tranchées.

À la fin, comme la durée de la guerre avait établi entre les soldats des deux partis une certaine familiarité, un soldat des postes romains demanda au plus rapproché des gardes de la ville quel était l’homme qui avait émis ces paroles si obscures touchant le lac d’Albe. (6) Ayant appris que c’était un haruspice, ce soldat, dont l’esprit était religieux, sous prétexte d’un prodige qui l’intéressait personnellement, dit qu’il voudrait, s’il était possible, consulter le devin, et l’attira ainsi à une entrevue. (7) Lorsqu’ils furent allés tous deux à l’écart, sans armes et sans méfiance, le jeune Romain, plus vigoureux, s’élança sur le faible vieillard, et l’ayant enlevé à la face de tous, malgré les menaces des Étrusques, le transporta au camp.

Image

Ossuaires étrusques

Après la crémation (donc généralement avant le 5e siècle avant J-C), les os du défunt étaient souvent placés dans un ossuaire en poterie. Le personnage sur le couvercle était vraisemblablement une représentation du défunt (ou défunte dans ce cas-ci), alors que le devant de la boîte était orné d’une scène, souvent mythologique. Dans ce cas-ci, les trois ossuaires ont la même scène et celle-ci vient directement de la mythologie grecque: le combat entre Eteocles and Polynices. Production de masse d’un modèle populaire, mais vraiment un choix étrange à mettre sur ce genre de contenant.

Ossuaires

Image

Gros bucchero avec un coq

Magnifique exemple d’une pièce en bucchero. Dommage que les Étrusques l’aient abandonné pour imiter les poteries peintes grecques… On retrouvUrne buccheroe le coq un peu partout sur les vieilles poteries étrusques, notamment sur ce qui pourrait être un encrier avec l’alphabet gravé dessus. Pas trouvé de signification encore. Peut-être juste l’attrait naturel d’un animal qui devait occuper une place spéciale dans la vie agricole de la région, mais étant donné la place que prenait la religion dans cette société, il devait avoir un lien avec un dieu quelque part…

 

Image

Une autre grosse tête

Offrande funéraire étrusque en terre cuite, 2e moitié du 5e siècle avant J-C. Possiblement le portrait de la défunte, le visage a cette belle rondeur que l’on voir ailleurs dans les représentations de femmes nobles de cette civilisation, ça fait beaucoup plus matriarche que servante.

Visage de femme (terre cuite)

 

Image

Poêle étrusque

Je n’ai pas de notes pour celle-là… je pense que c’est un instrument de cuisine en bronze (joliment restauré et poli). De la même taille que celles que j’ai dans mes armoires.

Une poêle?

Image

Urnes funéraires étrusques

D’autres photos de la collection Bratty, prises l’été dernier à Toronto. Les rites funéraires étrusques varient dans le temps de selon les régions de l’Étrurie, mais comprennent généralement des offrandes funéraires pour accompagner le défunt, comme par exemple dans les tombaux de Monterozzi (qui comprenaient en fait jusqu’à du mobilier). Ces vases sont des exemples des contenants utilisés pour l’occasion.

Par analogie et juste pour mêler tout le monde, les archéologues les nomment vases canope, un terme habituellement employé pour désigner les urnes servant à entreposer les viscères des corps momifiés en Égypte… Rien de tel chez les Étrusques, qui y mettaient plutôt de la nourriture. Avec les assiettes et ustensiles.

Celui avec les petits bras est l’urne funéraire contenant les cendres du défunt. Le couvercle avait probablement la forme d’une tête humaine, stylisée ou ayant le visage du défunt, comme ce beau spécimen au Musée du Louvre.

Le défunt et ses provisions

Le défunt et ses provisions

Urnes funéraires (2)